Entre les arts et la politique, un nouage impossible?: Slavoj Žižek avec Pierre Michon
Abstract
Cet article propose de mettre en regard Les Onze, un bref texte de fiction sur la révolution française publié en 2009 par Pierre Michon, avec la réflexion de Žižek quant à la « divine violence » en cause sous la Terreur jacobine. Michon sonde le pourquoi d’un tableau fictif peint dans des circonstances obscures par François-Elie Corentin, le « Tiepolo de la Terreur ». Il s’agit de rendre compte de la présence toujours vivante de l’Histoire dans ce portrait collectif des onze membres du Comité de Salut Public, hommes des Lumières devenus de redoutables tueurs. S’appuyant sur l’orientation lacanienne, cet article suggère que c’est la jouissance du Bien qui fait le joint entre les arts et la politique, où elle est toujours susceptible de basculer dans l’illimité et le silence de la pulsion de mort. Quiconque se souciant de la démocratie des corps parlants peut prendre acte du savoir opaque délivré par l’œuvre à partir du reste de jouissance intraitable qui fait le terreau du sinthome, fabrication vivante par son effet de vérité