Semiotica 2008 (168):341-363 (
2008)
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Abstract
Résumé La théorie ricœurienne de la triple mimèsis est susceptible de recevoir deux lectures différentes et exclusives l'une de l'autre. Soit l'on considère, en vertu du « caractère majeur de l'action d'être dès toujours symboliquement médiatisée », que notre praxis est ontologiquement structurée selon des schémas narratifs — mais cette conception essentialiste de l'action minore le rôle configurant de la mise en intrigue et affaiblit d'autant la thèse de Temps et Récit concernant la « force d'innovation de la composition poétique » ; soit on considère l'action comme inanalysable en amont de la représentation narrative, qui seule est en mesure de définir sa sémantique, sa symbolique et sa temporalité. En privilégiant la seconde interprétation, nous tâchons de démontrer ici que l'oeuvre poétique n'a pas qu'une fonction de re figuration et fait plus que de suggérer au lecteur de « change[r] son agir » : l'action n'est humaine et n'est possible que d'être médiatisée par une voix narrative, toute narration créant sa propre référence mais aucune ne donnant accès à un univers référentiel préexistant qui serait ontologiquement signifiant.