Abstract
Cet article explore la notion hégélienne d’« arts imparfaits » (comme le jardinage ou la danse) qu’il considère comme étant à la marge du système conventionnel des arts, ne leur reconnaissant pas pleinement le statut d’arts. L’objectif est d’examiner les caractéristiques qui spécifient ces arts et les raisons de leur « exclusion » du système artistique établi. L’hypothèse avancée est que les traits que Hegel attribue à ces formes d’expression artistique, ainsi que leur « excentricité » par rapport aux œuvres d’art canoniques, ont des éléments communs avec certaines formes d’art contemporaines, qui ont remis en question le système artistique traditionnel de manière radicale (land art, art in situ, performance art, etc.). Après avoir abordé la question générale du système des arts, en décrivant sa dimension philosophique et la position de Hegel à son égard, l’article se concentre sur les soi-disant arts imparfaits, et rend compte de l’« exclusion » de ces arts de la catégorie des arts proprement dits en explicitant la logique structurante du système des arts. Il examine ensuite deux exemples notables, à savoir le jardinage et la danse, en identifiant des éléments communs qui justifient à la fois leur « excentricité » et leur « exclusion » du système. Il explicite ensuite les raisons de l’imperfection de ces arts, que sont l’excès de nature et leur aspect indéterminé et hybride. Il esquisse en conclusion des pistes pour penser une interaction entre la perspective hégélienne et notre contexte artistique contemporain.